



strate 10,
26/05/08
Qui parle dîne.










































Ce n'est que sur le tard qu'ils se mirent à lire des livres auxquels ils ne comprenaient rien. Ils croyaient ferme que l'obstination finirait par payer. Mais à forcer ainsi sur la discipline, à négliger les récréations de l'absentéisme, à confondre une voix radiophonique avec de la littérature, ils finirent par se persuader de la légitimité du banal sur le transcendant. Ce qu'ils croyaient être une réalisation de leur esprit héroïque n'étaient que formules toutes faites, qu'ils prennent la plume ou entrouvrent les lèvres. Le résultat avait la rondeur en bouche d'un aliment qui leur déformait les joues mais ne remplissait pas leur estomac. Aussi, à de grands moments d'euphorie succèdaient des périodes d'abattement toujours cousues de fil blanc. Leur regard fixait le lointain parce que leur corps demeurait prisonnier de la mort de l'Histoire.